L'argent occupe dans l’Islam une place particulière. Si c’est le cas dans toutes les religions, l'Islam a sur l’argent un regard plus réaliste, prenant en compte des dimensions religieuses, sociales et éthiques. Dans les enseignements islamiques, l'argent n'est pas seulement un moyen d'échange ou un moyen d'accumuler des richesses, mais endosse un rôle significatif dans la formation de la conduite individuelle, du bien-être de la société et de la justice économique.
Un usage éthique de l'argent
En substance, l'Islam met l'accent sur l'utilisation éthique et responsable des richesses. Le Coran et les hadiths offrent des recommandations sur l’emploi des gains, l’affectation des dépenses et le partage des richesses d'une manière juste et équitable. L’accumulation des richesses est encouragée dans un cadre légal et strict différenciant clairement le licite (halal) de l’illicite (haram), promouvant un travail honnête et un commerce équitable tout en interdisant les pratiques d'exploitation ou contraires à l'éthique telles que l'usure (riba) et les jeux d'argent (maisir).
Par exemple, la zakat, l'un des cinq piliers de l'islam, incarne cet aspect social et redistributif de l'argent. La zakat consiste en ce qu'une part fixe de la richesse d'une personne soit allouée chaque année au bien-être des moins fortunés, assurant ainsi une répartition plus équitable des ressources au sein de la société. Cette charité obligatoire favorise l'empathie, la compassion et la cohésion sociale en s'attaquant aux disparités économiques et en subvenant aux besoins des plus nécessiteux.
Le rôle de la finance islamique
La finance islamique est une branche de la finance axée sur la conformité de ses pratiques avec les principes de l’Islam portant sur les transactions financières, pour qu'elles soient alignées sur les meilleures normes éthiques et morales. L'interdiction de la riba (intérêt) encourage les partenariats de partage des risques, le financement adossé à des actifs réels et les accords de partage des profits et des pertes équilibrés. Cette approche vise à promouvoir la stabilité économique, à décourager les comportements spéculatifs et à s'assurer que les transactions sont basées sur des actifs tangibles et des activités économiques réelles.
Le concept d'argent dans l'Islam s'étend au-delà de son rôle économique pour englober des valeurs sociétales plus larges et des considérations morales partagées par les musulmans. L'islam encourage la modération dans l'accumulation des richesses et les dépenses, plaidant contre l'extravagance et le gaspillage. L'accent mis sur la modération s'aligne sur un principe que l’on peut approcher d’un désir de sobriété (al-qana'a), favorisant la gratitude pour ce que l'on possède plutôt qu'une poursuite insatiable de la richesse matérielle, tout en mettant l'accent sur le caractère par nature transitoire de toute possession matérielle pour souligner l'importance d'utiliser ses richesses d'une manière qui profite à la fois aux individus et à la société.
Le rapport à l’argent de l'islam est in fine à l’intersection de considérations éthiques, sociales et économiques ; c’est l’Islam qui a des exigences envers l’argent, et non l’inverse. Sa position ne se limite pas aux transactions financières, mais s'étend aux principes directeurs qui promeuvent équité, société équilibrée, conduite éthique et enrichissement spirituel. Les enseignements islamiques sur la richesse et son utilisation éthique servent de pierre angulaire pour favoriser une société plus juste, où la prospérité économique et la responsabilité sociale vont de pair.