La finance conventionnelle repose sur un principe simple : tout investissement ou prêt constitue une prise de risque pour le prêteur. Il n’est pas garanti qu’il récupérera les fonds prêtés ou que son investissement sera fructueux. Par conséquent il est légitime de se rémunérer de cette prise de risque en se garantissant un apport supérieur à la somme initialement prêtée : l’intérêt.
La particularité de l’Islam est le refus complet de cette notion, considérée par le Coran comme posant les bases d’un rapport d’exploitation entre le prêteur et l’emprunteur, et par conséquent comme une pratique dégradante et impure.
Les désagréments de la finance conventionnelle et leurs impacts
Outre ce désaccord philosophique fondamental, la finance contemporaine a laissé se développer des outils en rapport avec l’intérêt qui ont montré leurs excès et leurs dangers : que l’on se souvienne de la crise des subprimes, et des taux d’intérêt variables qui ont jeté dans les rues des millions de personnes il y a moins de vingt ans. Ces pratiques existent aujourd’hui encore et donnent des impressions de contrôle, mais restent toujours aussi dangereuses. À cela, s’ajoute le fait de permettre la spéculation, l’investissement dans des produits financiers dont la valeur et l’utilité sont totalement décorrélées de l’économie réelle, voire le financement de secteurs dont la nocivité est largement reconnue (tabac, armement, jeux, alcool…).
L'un des inconvénients les plus flagrants de la finance conventionnelle réside dans sa vulnérabilité aux scandales et aux pratiques contraires à l'éthique. Au fil des ans, le secteur financier a été le théâtre d'une multitude de scandales, allant d'activités frauduleuses à la manipulation du marché. Les cas notoires de l’affaire Kerviel en France, de Lehman Brothers aux États-Unis et du scandale plus récent dit de l’affaire CumEx sont emblématiques de la façon dont la cupidité, le manque de surveillance et les comportements contraires à l'éthique peuvent faire des ravages sur les économies nationales avec des effets concrets sur les portefeuilles des ménages.
De plus, la finance conventionnelle privilégie souvent les gains à court terme plutôt que la stabilité à long terme, ce qui favorise les comportements spéculatifs et les bulles de marché. La crise financière de 2008, enracinée dans les prêts hypothécaires à risque et le regroupement d'actifs risqués, illustre comment une spéculation incontrôlée peut déclencher des effondrements catastrophiques du marché avec des conséquences considérables. En outre, la dépendance excessive des systèmes financiers conventionnels à l'égard des notations de crédit et des modèles de risque standardisés peut créer un faux sentiment de sécurité, ce qui entraîne une sous-évaluation des risques et une volatilité subséquente des marchés. Le mal, au fond, est que la finance tend à se détacher de l’économie réelle.
De plus, l'accent mis sur la maximisation des profits se fait souvent au détriment des considérations sociales, confessionnelles et environnementales. La finance conventionnelle soutient souvent des industries et des pratiques qui privilégient les gains à court terme sans tenir compte de leurs impacts à long terme sur l'environnement ou la société, contribuant ainsi à la dégradation de l'environnement, aux inégalités sociales et aux pratiques non durables.
Si la finance conventionnelle est un pilier des économies mondiales, son histoire marquée par des scandales, des exclusivités et des dilemmes éthiques souligne l'urgence d'une réforme.
L'exploration de paradigmes financiers alternatifs qui privilégient la conduite éthique, l'inclusion et la durabilité à long terme pourrait ouvrir la voie à un paysage financier plus résilient, équitable et éthique.